BOLIVIE



Dimanche 5 Décembre au mardi 7 Décembre: Départ vers la Bolivie en 4x4 : au programme : lagunes colorées, désert de Dali, geysers et le merveilleux salar d'Uyuni !

A venir …


Mercredi 8 au jeudi 9 Décembre : Sucre et son monastère, anniversaire de Tatie

A venir …


Vendredi 10 Décembre : Découverte de La Paz

Très tôt le matin, nous arrivons en bus à La Paz et rejoignons un petit hôtel simple mais sympa dont nous avons envoyé les coordonnées à Mathieu avant qu'il ne parte pour parer à un éventuel ratage de rendez- vous ! Nous sommes rassurés, nous sommes fourbus mais en place pour le retrouver dès le lendemain. Une petite pensée pour lui d'ailleurs qui est déjà dans les airs alors qu'il n'arrive que demain aux petites heures…

Eric décide de tester le matelas et s'effondre pour une sieste à durée indéterminée pendant que je me balade dans la ville et vais réserver notre vol vers l'Amazonie pour le lendemain.

Pour le déjeuner, nous nous rendons dans un immeuble en centre ville et nous installons dans un restaurant au 12ème étage avec une vue panoramique sur la ville. Une ville bien étrange d'ailleurs où se mêlent buildings, petites maisons et ... montagnes ! La ville est enclavée dans les montagnes mais nous ne sommes pas enthousiasmés par l'esthétique de l'ensemble et décernons à La Paz la palme de la ville la plus laide !

Heureusement, l'intérêt de la ville ne se situe pas dans la cohérence ou la majesté de son architecture mais dans la vie ou plutôt les vies de ses rues. En découvrant le centre, nous réalisons que les quartiers sont organisés par corporations : ici nous trouvons toutes sortes de tuyaux et plus généralement le nécessaire à plomberie, quelques rues plus loin, c'est le royaume des marchands de couleurs qui vendent de la peinture au poids. Le quartier suivant nous laisse perplexe quand nous découvrons des alignements de fœtus de lama séchés, d'ailes de rapaces et ainsi de suite. Vraiment intrigués, nous demandons quelle en est l'utilité et on nous répond que c'est tout simplement pour acheter des offrandes pour la Pachamama, la déesse de la Terre.
Chaque étape de la vie est très codifiée et des offrandes spécifiques sont nécessaires. Bien sûr, en fonction du niveau de vie, les offrandes seront plus ou moins abondantes. Le must par exemple quand on construit une maison est d'y enterrer avant le début des travaux un fœtus de lama, le plus avancé possible dans la gestation, avec toute une série d'herbes, d'animaux et de breloques, le tout empaqueté dans une peau. Il semble que ce soit très efficace pour contenter et apaiser la déesse qui laisse ainsi la maison en paix. Certaines personnes passent même des commandes : naissance, mariage… et passent prendre le colis tout prêt !

Nous nous désaltérons avec un jus de fruit fraîchement pressé avant d'aller voir les divers marchés de Noël qui agrémentent la ville. L'ambiance est agréable et décontractée. Il y a de nombreuses personnes en costumes traditionnels et portant des tissus colorés tissés. Les petits chapeaux melon sont légion et ce sont les femmes qui les portent.

A la tombée de la nuit, nous sommes dans les environs de la cathédrale principale de La Paz. C'est impressionnant : le parvis est transformé en cour des miracles et la misère fait peur à voir. Des enfants aux vieillards, tous portent des guenilles et paraissent estropiés, malheureux. Le soir, nous retournons dans le même restaurant que le midi où un musicien sourd muet joue de la guitare.


Samedi 11 Décembre : ARRIVEE DE MAMAT et départ vers l'Amazonie

L'avion atterrit à 7h05 et nous nous levons donc avec une bonne marge pour être sûrs de ne pas être en retard. Nous empruntons un taxi bus collectif, débordant de travailleurs pour nous rendre à l'aéroport le plus haut du monde ! L'ambiance est bon enfant et les ouvriers, surpris de nous voir sont charmants avec nous.

Après 30 heures de voyage, Mamat arrive donc, l'air épuisé mais ravi d'être en Amérique Latine avec nous. Les retrouvailles sont super et nous sommes très émus de nous retrouver après presque 6 mois de séparation, dans un endroit aussi improbable que cet aéroport ! Le pauvre Mateu n'aspire qu'à une seule chose dans l'immédiat : prendre une douche… mais nous lui expliquons que ce sera pour plus tard car nos billets sont réservés dans un petit coucou pour aller en Amazonie à Rurrenabaque, d'ici à une heure. La déception laisse tout de suite place à l'excitation et nous décollons dans un minuscule appareil. Le vol est splendide et comme nous sommes à assez basse altitude, nous profitons d'une vue phénoménale sur la cordillère des Andes tout d'abord, puis sur le lac Titicaca, le plus haut lac navigable au monde, et enfin sur la dense forêt amazonienne et ses sinueux cours d'eau.

A l'atterrissage au milieu de la jungle sur une petite piste en terre battue rouge nous sommes complètement euphoriques ! Nous sautons dans les bras les uns des autres et Mathieu m'attrape pour me faire tournoyer dans les airs comme un fou ! Il y a une grande humidité mais loin de nous indisposer, cette touffeur nous fait réaliser à quel point nous sommes proches des tropiques ! La première chose que nous faisons une fois installés à l'hôtel, est d'acheter des mangues : Mamat en est friand (comme nous) et n'a jamais eu encore l'occasion d'en manger de mûres à point sur l'arbre. Il est d'ailleurs ébahi par le nombre de mangues dans les arbres… Ils croulent sous le nombre de fruits ! Nous nous installons ensuite dans un restaurant remplis de locaux au bord du fleuve et dégustons un merveilleux poisson. Le quai proche du restaurant sert à embarquer et débarquer des marchandises et un énorme monticule de régimes de bananes attend d'être emporté au loin. La végétation est luxuriante et le vert ambiant est encore rehaussé par le rouge de la terre.

Nous nous promenons dans la petite ville construite de toute pièce pour comparer les agences et leurs diverses options et réservons notre périple dans la jungle. Les garçons s'équipent ensuite dans une petite boutique pour pouvoir pêcher du débarcadère et je profite de la machine à coudre Singer d'un petit monsieur pour faire rafistoler mes tongs qui menaçaient de tomber en ruine. Le travail est parfait et me voilà repartie pour quelques kilomètres supplémentaires ! Nous nous installons ensuite sur le ponton en espérant une prise spectaculaire, et en attendant que le poisson se décide à mordre, ce qui n'arrivera d'ailleurs pas, nous rigolons avec les gamins du coin qui s'amusent de nous voir pêcher et passent la fin d'après- midi avec nous. Ils sont ravis quand avant de rentrer nous changer, les garçons leur offrent leur matériel.

Nous partons nous faire beaux car aujourd'hui, c'est décidé, nous allons dans un bon restaurant pour fêter (avec quelques heures d'avance, mais c'est normal, nous nous cadrons sur le fuseau horaire français !) l'anniversaire d'Eric ! Pour égayer encore la soirée, nous avons quelques artifices supplémentaires puisque Mathieu n'est pas venu le sac vide et a apporté du fouet catalan (un délice !) et des bières Leffe radieuses, les préférées d'Eric pour l'apéritif sans compter le touron de Tatie en dessert ! Elle n'a d'ailleurs rien laissé au hasard, et en tatie super organisée, elle a prévu le kit complet : bougies empaquetées dans le paquet et une boîte d'allumettes ! Eric souffle donc ses 35 ans au milieu de la jungle amazonienne avec du touron en guise de gâteau. Nous chantons joyeux anniversaire, bien sûr, et nos voisins de table reprennent en cœur cumpleanos feliz ! Une très belle soirée gravée dans nos cœurs !


Dimanche 12 Décembre : ANNIVERSAIRE D'ERIC et pirogue

Aujourd'hui, nous partons au cœur de l'Amazonie ! Pour avoir plus de chances d'observer des animaux, il faut s'éloigner de la ville et partir dans des endroits qui ne sont pas trop fréquentés. C'est pour cela que nous allons en 4x4 à San José, à 4 heures de route ou plutôt de pistes chaotiques. C'est d'ailleurs là que nous réalisons que nous nous éloignons de la civilisation car c'est là que des escadrilles ininterrompues de moustiques font leur apparition. Leurs dars sont énormes, on dirait des seringues volantes ! Malheureusement pour nous, l'anti moustique dont nous nous enduisons généreusement n'est efficace qu'une vingtaine de minutes car la chaleur et l'humidité étant extrêmes, nous suons beaucoup et éliminons le produit. Les moustiques se jettent alors voracement sur nous et nous piquent même à travers nos vêtements s'il n'y en a qu'une couche !

De San José nous embarquons pour 2h30 sur une pirogue en bois au confort spartiate et au moteur légèrement bruyant ! A l'arrivée, nos postérieurs sont fourbus et nous sommes complètement cuits et très rouges ! Mais cette balade est magique malgré tous ces petits désagréments car nous nous familiarisons avec la flore environnante et voyons de nombreux animaux : beaucoup d'oiseaux du paradis, toujours en couple et magnifiques, des toucans, des perroquets aras aux couleurs sublimes, des singes écureuils ou ouistiti, des tortues d'eau douce, des martins pêcheurs, un paresseux et tant d'autres animaux !

Nous nous installons au camp fait en bois et dont les salles sont pourvues de moustiquaires. Les lits, dans un grand dortoir commun sont tous pourvus de moustiquaires. Une collation nous est servie et nous faisons une petite sieste, contents d'avoir un peu de répit et d'être à l'abri des moustiques ! C'est ensuite l'heure de l'apéro et nous partons en pirogue dans le seul bar à des km à la ronde : le Sunset Bar où Eric retrouve d'ailleurs un de ses sacs perdu pendant les transferts.

Nous revenons au campement de nuit et observons les yeux oranges très lumineux des alligators qui affleurent à la surface de l'eau. Ils pullulent dans le coin… Il vaut mieux ne pas tomber à l'eau ! Les garçons pêchent toute la soirée… des poissons chats et des gardons ! Nous devons faire face à quelques nuages de moustiques qui passent de temps à autres ! La nuit dans la jungle avec tous les bruits environnants est une expérience unique et ça fait très longtemps que je n'ai pas aussi bien dormi !


Lundi 13 Décembre : Traque de l'anaconda

Au petit (très petit) matin, nous sommes réveillés en sursaut par un étrange bruit : comme des hurlements de bébé. On se demande ce que c'est jusqu'au moment où l'on réalise que ce sont les singes hurleurs qui donnent le top départ de la journée au reste de la jungle. Incroyable, ça laisse la chair de poule ! Une fois rassurés nous nous rendormons paisiblement et laissons la jungle bruisser à son aise de plus en plus bruyamment.

Le petit déjeuner est le moment privilégié pour comparer nos boursouflures respectives, dues aux attaques incessantes des moustiques, et qui forment carrément des bourrelets inflammés !
Au moment de se brosser les dents, nous entendons un cri strident et voyons une voyageuse sortir en courant des dortoirs : en fait, une énorme tarentule se promenait entre deux lits ! Le guide va la chercher et la met sur sa main pour faire le malin… Pas très prudent, elle pourrait le tuer facilement mais nous reconnaissons que c'est une occasion unique d'observer un spécimen vivant de si près ! Il la relâche un peu plus loin dans la jungle.
La matinée est aussi l'occasion de rencontrer Federico, l'alligator de compagnie attitré de notre camp. En fait, les cuisiniers jettent tous les restes et épluchures à l'eau et font le régal de cette énorme bête. En discutant avec les cuisiniers, nous apprenons que chaque camp a son croco… Attention aux glissades en descendant de la pirogue, on ne pataugerait pas très longtemps !

La journée commence donc plutôt bien au niveau des sensations fortes et des rencontres avec les animaux… Nous espérons que c'est un bon présage et nous harnachons avec nos pantalons longs, T-Shirt longues manches, vestes coupe vent bien fermées. Tout ça plus pour nous protéger des moustiques, enfin essayer ( ! ), plutôt que parce qu'il ferait froid ! La chaleur est déjà étouffante et dès les premiers pas dans nos chaussures de randonnée, nous ruisselons !
Aujourd'hui nous avons une mission spéciale : nous partons à la " chasse " à l'anaconda ! On part en fait à pied pour 4 heures dans les terres un peu éloignées de la rivière en espérant débusquer un de ces reptiles gigantesques. Pas folle, je me mets entre Eric et Mathieu pendant la marche, histoire d'être un peu protégée si le monstre se rue sur nous ! Le paysage est beaucoup plus sec, de type pampa et nous ne rencontrons aucun animal sans parler de l'introuvable anaconda ! A un moment pourtant, en arrivant près d'un petit cours d'eau, nous entendons un grand bruit de bête se jetant à l'eau mais nous ne voyons rien… toutes les hypothèses sont alors émises !
Comble de la frustration, alors que nous aimerions avancer plus vite et aller dans des zones différentes pour avoir plus de chance de voir des bêtes, notre guide s'entête et finalement se perd ! Nous sommes furieux et nous prenons le bec avec lui.
On se contente donc d'observer d'énormes termitières et des fourmis énormes, sans parler d'un essaim de guêpes gigantesque accroché à un arbre. De nombreux et multicolores papillons volettent devant nous ainsi que de belles libellules. A un moment cependant, nous tombons nez à nez avec un drôle de crapaud à piques !

Nous rentrons finalement au camp, déçus de ne pas avoir vu d'animaux et déjeunons avant d'entamer une sieste réparatrice pour nos petites jambes. Quand la chaleur retombe un peu, nous embarquons dans la pirogue et remontons encore la rivière jusqu'à un endroit abritant des dauphins roses d'eau douce, spécifiques à l'Amazonie. Nous en apercevons quelques- uns, ce qui incite les garçons à plonger à leur rencontre. C'est juste après qu'une averse diluvienne démarre et que nous repartons vers le camp, les garçons accrochés à la pirogue, se faisant tracter. Ils semblent bien s'amuser, mais de mon point de vue, notre embarcation ressemble plutôt à une expédition de pêche au gros… alligator, avec les gars en guise d'appâts !
Soirée sympathique au camp puis nuit géniale, protégés par nos doubles moustiquaires et entourés de la jungle bruissante et si reposante en fait !


Mardi 14 Décembre : Découverte de la faune, pêche aux piranhias

Réveil à l'aube et départ en pirogue sans utiliser le moteur pour voir et entendre la vie s'éveiller. C'est magique et inoubliable ! Nous distinguons au loin un couple de singes hurleurs dans un arbre très haut et avons la chance de les entendre. Des gibbons, hiboux, aigles pêcheurs et autres hérons, grives et marabouts sont aussi de la partie. Sans parler des poules d'eau pas très peureuses et des cormorans. Les oiseaux du paradis sont innombrables et magnifiques. Un toucan survole la rivière devant nous et nous avons la chance d'approcher un groupe de capucins qui jouent dans un arbre. Nous sommes ravis de croiser le rongeur le plus grand du monde : le capi wara, sorte de cochon d'environ 50 kg qui est en fait un cousin géant du cochon d'inde. Notre pilote a des yeux de lynx et sans lui nous n'aurions pas distingué la moitié des animaux.

Nous rentrons petit déjeuner et repartons à l'endroit où se trouvent les dauphins. Ils ne sont pas nombreux et l'eau étant trouble, nous ne les distinguons que difficilement. La pluie se remet à tomber et nous rentrons vite nous mettre à l'abri. Nous faisons un brin de sieste puis déjeunons à 10h30 pour être prêts à partir en pirogue dès la moindre accalmie. Un peu plus tard, la pluie devenant moins violente, nous embarquons pour 1h30 jusqu'à San Jose où nous repartons en 4x4 jusqu'à un point d'eau. C'est là que nous tentons la pêche aux piranhas. Le matériel est un peu spécifique, au lieu d'un fil de nylon, on pêche avec un fil d'acier ! Après quelques essais infructueux, nous en attrapons finalement un ! Sa couleur est assez vive et ses dents sont impressionnantes, mieux vaut ne pas laisser traîner ses doigts ! Nous le relâchons avant de repartir… enfin plus exactement, avant de tomber en panne de moteur avec le 4x4 ! Ca nous rappelle une autre histoire en Afrique australe car nous finissons par être remorqués par un autre 4x4 ! Nous arrivons malgré tout dans les temps à Rurrenabaque pour prendre l'avion en direction de La Paz. Nous avions initialement envisagé de passer trois jours de plus dans la pampa pour voir un autre type de végétation mais l'idée de se retrouver au milieu de nuages de moustiques belliqueux nous décourage. Heureusement leurs piqûres ne sont pas urticantes mais se faire ponctionner du sang à tour de bras est très pénible et essayer de lutter contre eux pourrait conduire très vite à la folie !
Dans l'avion, nous rencontrons Romain, un français très sympa qui a passé son enfance à La Paz. Nous allons dans le même hôtel et passons la soirée ensemble dans un restaurant de viandes. Les mecs se jettent avides sur une côte de bœuf et je découvre le tartare de lama.


Mercredi 15 Décembre : Départ pour Copacabana

Nous prenons tranquillement notre petit déjeuner au restaurant de l'hôtel et profitons de l'équipement informatique assez sophistiqué pour contacter les parents. Il y a une web cam et c'est super de pouvoir communiquer avec eux en les voyant ! Après avoir passé un bon moment, nous partons déambuler dans la ville et achetons un encas.

Nous prenons ensuite un bus en direction de Copacabana, mais non, pas Copacabana au Brésil, la ville qui borde le plus haut lac navigable du monde : le lac Titicaca !

Nous partons donc sur des routes périlleuses et étroites de montagne. Le bus cahote et le chauffeur coupe les virages même quand la visibilité n'est pas excellente. Bon, pas de soucis, on essaie de dormir un peu, pendant ce temps- là on ne s'angoisse pas ! A un moment pourtant, le moteur fait un drôle de bruit en haut d'une pente particulièrement raide et finit par s'arrêter. En fait, nous pensions arriver assez tôt mais c'était compter sans les aléas des transports locaux : le moteur ne redémarre pas…
Pas de problème, on est juste à l'arrêt en haut d'une pente, derrière un virage qui nous cache bien, pas de raison de s'inquiéter ! Le chauffeur descend donc pour examiner le moteur. Evidemment, les autres véhicules font de grandes embardées au dernier moment en nous apercevant ! L'histoire dure un certain temps pendant lequel nous ne sommes pas très rassurés.
Enfin, le chauffeur remonte, nous pensons que tout est arrangé, que nous allons pouvoir repartir. Mais pas du tout, à notre grande surprise, au lieu de rallumer le contact, comme le moteur ne veut rien entendre, le chauffeur desserre le frein à main et nous partons en marche arrière, pour redescendre la pente ! Evidemment nous sommes à contre sens et nous manquons emboutir un certain nombre de voitures. Nous pâlissons et je commence à avoir très mauvaise conscience d'avoir entraîné Mateu dans un traquenard pareil ; c'est que je suis censée veiller sur lui ! Dans le genre, on pourrait faire mieux…
Se rendant compte du danger qu'il représente, le chauffeur change alors de voie et se déporte en face sur celle qui surplombe le précipice (toujours en marche arrière bien sûr !). Comme le but est de remettre en route la batterie, il faut prendre de l'élan et l'allure à laquelle nous allons ne nous permet pas de le faire. Qu'à cela ne tienne, au bord du gouffre, le chauffeur lâche le frein à main pour pouvoir dévaler plus vite !
Du blanc, nous passons au vert quand soudain le moteur crachote, tousse et finit par redémarrer. C'est reparti ! Nous passons tout l'après midi et la soirée dans le bus avant d'arriver.

Après toutes ces émotions nous sommes fourbus et prenons le premier hôtel que nous trouvons. C'est super, le prix est imbattable, 70 cents par personne ! Nous comprenons vite pourquoi : le ménage n'est pas leur priorité et la salle de bains commune est immonde : pas de bac à douche, l'eau (gelée, bien sûr !) tombe directement sur le sol. A cause des petites canalisations, le papier toilette est généralement jeté dans les toilettes. Le problème c'est qu'il n'y a pas de poubelle et que tout est donc par terre. L'eau s'évacuant mal, tout surnage rapidement. Mateu et moi trouvons que l'occasion se prête bien à l'utilisation des lingettes et nous faisons l'impasse sur la douche… Eric plus téméraire, opte pour une douche éclair en tongs.

Heureusement, pour compenser un peu cette drôle de journée, nous trouvons un petit restaurant sympa qui sert des truites délicieuses du lac Titicaca. Nous y passons un bon moment et nous relaxons enfin.


Jeudi 16 Décembre : Berges du lac Titicaca et île du Soleil

Nous profitons d'une promenade dans Copacabana pour laisser notre linge à laver à une petite dame très gentille. Une petite cour sympathique nous accueille pour le petit déjeuner avant notre visite de l'église en front de mer. Nous nous détendons sur la plage et achetons de la musique locale dans des stands devant l'église.

Départ ensuite en bateau, cap vers l'île du Soleil ! La traversée est agréable mais à l'arrivée, une demi heure de montée avec nos sacs dans des escaliers en rocaille nous attend ! C'est épuisant car les marches sont inégales et nos sacs pèsent plus de 20 kg… C'est particulièrement dur pour moi et Mateu finit par porter mon sac… merci frangin !
Une fois en haut ; la vue est splendide ; le lac s'étend à perte de vue comme une mer. Eric qui est encore en forme commence à faire le tour des familles qui proposent un hébergement et trouve une chambre avec une vue sublime sur le lac.
Nous passons un après- midi tranquille à nous promener dans le village, nous arrêtant déguster quelques truites et achetant des sandwich pour Mathieu qui est malade. C'est le mal de l'altitude qui donne des nausées, mal à la tête et j'en passe. Nous étions acclimatés avec Eric à l'altitude depuis notre arrivée au nord Chili mais Mathieu passe brusquement de la jungle Amazonienne à basse altitude au lac Titicaca à 3810 mètres ! La fin de journée se passe tranquillement sans effort particulier pour que tout le monde récupère.


Vendredi 17 Décembre : Randonnée dans l'île du Soleil et trajet jusqu'à Puno

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