PEROU
Samedi 18 Décembre : Marché de Puno
Nous faisons une grasse matinée réparatrice mais quand nous nous réveillons il est trop tard pour partir en excursion sur les îles de paille car la plus proche est à 2 heures de bateau. On part petit déjeuner dans la ville puis nous faisons quelques emplettes de piles rechargeables et donnons quelques nouvelles par Internet.
Nous traversons ensuite un immense marché dans la rue pour aller acheter nos tickets de bus pour Cusco. Cette formalité effectuée nous nous baladons dans le marché. Nous achetons des mangues, base de notre alimentation ces derniers temps, de la canne à sucre pour montrer aux parents et des feuilles de coca : les boliviens et les péruviens en mâchent à longueur de journée et Mathieu et Eric sont bien sûr curieux de voir l'effet que ça fait. Ils se fournissent donc auprès d'une petite Mamita qui est installée à côté d'une montagne de feuilles. C'est à partir de ce moment là du voyage, que curieusement, ils se mettent de temps à autres à dire : " J'ai une pêche… ! " avec les yeux exorbités ! Simple coïncidence sûrement !
Plus tard, nous mangeons dans un petit stand où de nombreuses familles sont attablées. Après le repas, nous découvrons une partie cachée du marché, immense et en partie couverte avec d'innombrables échoppes. Nous y déambulons un long moment avant de prendre deux pousse-pousse à vélo pour nous rendre jusqu'au lac et faire un tour. Inévitablement, nous finissons par faire la course et les deux jeunes qui pédalent ne sont pas les derniers à rigoler !
Nous achetons le Cd de la chanson fétiche d'Eric : Lucharé et nous promenons en ville avant de nous installer à un café où nous bavardons avec d'autres touristes. Nous récupérons ensuite nos sacs et embarquons dans le bus pour la nuit après nous être équipés de sandwich au fromage pour le trajet. Eric sympathise avec ses voisins de bus.
Dimanche 19 Décembre : Arrivée à Cuzco et promenade dans la ville, dans ses marchés
Arrivée à Cusco à 3h du matin mais nous " dormons " dans le bus sur place jusqu'à 5h30 avant de prendre un taxi pour l'hôtel sélectionné. Autant dire que nous sommes dans une petite forme ! La porte d'accès à l'hôtel donne sur une petite cour où tout s'écroule. Les propriétaires nous expliqueront plus tard qu'ils attendent que tout tombe vraiment pour reconstruire.
A l'intérieur, les lits n'ont pas été changés mais la salle d'eau est propre. Le premier à prendre sa douche est très surpris : quand on tourne le robinet d'eau, on reçoit des décharges électriques ! En fait, l'eau chauffe (un peu, en fait elle devient tiédasse) grâce à une résistance électrique qui est branchée directement au dessus du pommeau de douche mais comme le robinet est en métal, nous prenons le jus ! Ceci dit, nous ne nous plaignons pas car étant donné le prix payé : 21 sols pour trois, soit 5,5 euros à deux pas du centre, on peut dormir dans nos duvets et Eric bricole une "isolation électrique " qui ferait hurler papa mais qui fonctionne pourtant plutôt bien en enroulant un sac plastique autour du robinet ! La chasse d'eau non plus ne marche pas et c'est un peu plus problématique car Mamat et moi sommes malades…
Nous nous reposons un peu avant de partir sur la place d'Armes où se déroule un spectacle : deux groupes masqués " s'affrontent " en dansant sur de la musique. Une foule de péruviens impressionnante est massée autour pour les observer. Nous allons ensuite jusqu'à une place un peu plus loin pour déjeuner italien et je passe à deux doigts de me faire défigurer par le cutteur du gars qui organise la décoration pour la fête à grands mouvements !
Nous montons ensuite dans les hauteurs de la ville pour admirer l'ensemble de la ville et allons dans un marché couvert où l'on trouve de tout : des fraises aux jouets en plastique ! Au rayon boucherie, le puanteur est reine et la saleté inouïe. Nous avons des hauts le cœur et sommes obligés de sortir prendre l'air !
Dans les quartiers populaires, l'ambiance est très agréable et conviviale, les portes d'entrée sont très bien ouvragées. En Revenant vers le lycée et le centre ville, nous surprenons un vieux monsieur entrain de photographier un élève contre le mur de l'église San Francisco. Nous le retrouvons plus tard dans une échoppe voisine entrain de faire développer son film.
Une européenne dansant un genre de flamenco sans musique fascine la foule avec sa grâce et les garçons ne sont pas insensibles à son charme.
Notre tour se poursuit dans la partie la plus basse de la ville où se tient le marché de Noël. Il y a de nombreux stands de végétaux divers pour la crèche. Eric devient gaga devant la petite fille de vendeurs et lui achète des jouets en plastique pour le bain. En revenant vers le centre, il est pris d'une fièvre acheteuse et s'arrête partout à l'affut de vêtements, chaussures ou pulls en Alpaga. Près de la place centrale, il décide de partir à la recherche de boutons de manchettes, les jemelos, jumeaux, en espagnol. Il tombe en extase devant une paire très belle mais assez chère.
Mathieu se fait brancher par une péruvienne très mignonne et intelligente en vacances aussi à laquelle il donne rendez-vous plus tard dans la soirée. Nous partons travailler sur le site Internet pendant qu'il l'a rejoint et les voyons flirter dans un bar en passant y boire un verre.
Lundi 20 Décembre : Visite de Cuzco
A venir…
Mardi 21 Décembre : Visite d'Ollayantambo et arrivée à Aguas Calientes
A venir…
Mercredi 22 Décembre : Journée sur le site du Machu Pichu
A venir …
Jeudi 23 Décembre : Retour sur Cuzco
A venir …
Vendredi 24 Décembre : Départ de Mateu, visite des sites autour de Cuzco, messe de minuit
A venir …
Samedi 25 Décembre : Route vers Nazca
Longue journée en bus pour rallier le mythique site de Nazca où nous voulons observer les géoglyphes.
Nous avons une pensée émue pour nos familles qui doivent être entrain de festoyer.
Le bus dans lequel nous sommes s'arrête un peu partout dans les villages et c'est à chaque fois le même ballet de chapeaux melon et de longues jupes qui s'approchent du bus pour vendre du pain, des gâteaux, du fromage ou encore des boissons ou des fruits. C'est très folklorique, à chaque fois ce sont des cris, des bras tendus, des billets et des marchandises qui s'échangent à travers les vitres du bus qui parfois est entrain de redémarrer.
Le paysage montagnard laisse peu à peu la place à une plaine désertique et c'est fourbus que nous descendons à la petite ville aux maisons blanches de Nazca. Il fait déjà sombre et nous gagnons une petite guesthouse sympathique avant d'aller nous promener dans le centre pour organiser la réservation de notre vol au- dessus des mystérieuses lignes.
Dimanche 26 Décembre : Survol des lignes de Nazca
Petit déjeuner dans le patio de l'auberge et nous partons ensuite vers le terrain d'aviation. C'est en fait une petite piste qui ressemble plus à celle d'un aéroclub qu'à celle d'un grand centre touristique. L'accueil que l'on nous réserve est cependant charmant et professionnel.
En attendant que les vols précédents reviennent et que le plein soit refait, nous sommes installés dans une pièce où est projetée une vidéo expliquant les diverses hypothèses quand à l'origine et la signification des lignes. Le tout s'appuie sur une vidéo du survol des géoglyphes et c'est à ce moment que l'on réalise qu'il va falloir être très concentrés car le sol étant désertique, il n'y a pas beaucoup de contraste de couleurs entres le sol et les lignes. Sur le documentaire, les lignes sont entourées ou pointées par des flèches et nous nous familiarisons ainsi avec la topographie et les formes que nous allons survoler.
Ca y est, c'est enfin à nous, avec une bonne heure et demie de retard par rapport à l'horaire prévu, mais nous sommes fins prêts !
Nous décollons dans un petit coucou avec un pilote et un autre couple. Heureusement que nous avons eu un peu d'entraînement, grâce à cela et aux explications de notre pilote, nous distinguons de nombreuses formes parmi les 350 existantes. Certaines sont de tailles restreintes alors que d'autres sont gigantesques (parfois plusieurs km) et parfaitement géométriques. La plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais. Il y a des représentations d'animaux : singe, oiseau- mouche, araignée, condor et des représentations plus abstraites de spirales et d'ellipses.
Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. Le sol désertique sur lequel ils se dessinent est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en gris. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux plus clair, découpant les contours de leurs images. Grâce à un micro climat spécifique à cette région : sans sable, ni poussières pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts, et ce depuis la civilisation Nazca, une culture pré incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère.
Emerveillés, nous décidons d'aller voir ça de plus prêts mais d'abord faisons une halte pour nous réapprovisionner en mangues et faire bombance !
Notre décision est prise, nous irons voir le géoglyphe de l'arbre, en plein désert mais proche d'une route. Il a l'avantage d'être surplombé par un mirador qui porte le nom de la mathématicienne allemande Maria Reiche, qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation du site et qui est considérée ici comme un demi dieu.
La présence de ce mirador nous permettra en effet de prendre un peu de hauteur car les lignes ont été dessinées pour être vues du ciel et on peut donc se trouver à deux pas au niveau du sol sans pouvoir discerner quoi que ce soit !
Le propriétaire de la guesthouse essaie de nous dissuader d'y aller sans passer par un tour organisé : il y a bien un bus qui peut nous déposer au passage à l'aller mais il ne s'arrêtera pas au retour et nous risquons de rester là- bas au milieu du désert, sans parler des mauvaises rencontres que l'on risque de faire. Nous sommes très touchés par sa sollicitude et ses avertissements (qui s'avèreront tout à fait pertinents) mais nous avons besoin de liberté. Est-ce parce que notre voyage touche à sa fin dans deux jours et que nous avons conscience que c'est notre dernier terrain d'aventures avant de regagner la ville de Lima puis la France ? Je ne saurais l'expliquer mais nous partons confiants (avec pull et coupe vent certes, au cas où…) avec le bus qui nous laisse au pied du mirador. Le chauffeur lui- même est un peu inquiet en redémarrant.
Nous partons à l'assaut du mirador et profitons de la lumière rasante de cette fin de journée pour découvrir ce fabuleux arbre de Nazca. Nous sommes très étonnés, c'est un site impressionnant, classé par l'Unesco, et nous nous attendions à une forte affluence. En fait, nous croisons un seul couple et une famille. Au moment où nous redescendons, après le coucher de soleil, il n'y a plus personne et nous décidons de faire du stop. De nombreux 4 x 4 de touristes passent sans même ralentir, des minis bus bourrés à la gueule de locaux nous font des signes amicaux et désolés. Le temps passe, il commence à faire nuit mais nous sommes confiants. Nous sommes finalement embarqués au bout d'un moment par un groupe de travailleurs qui rentrent sur la ville en pick- up ! Ils nous considèrent avec étonnement avant de nous embarquer à l'arrière en s'excusant presque de ne pouvoir nous offrir un plus grand confort. Ils nous proposent même de nous laisser leurs places à l'intérieur de l'habitacle, ce que nous refusons. Pour rien au monde nous ne laisserions notre place à l'arrière !
En regardant le soleil se coucher nous étions un peu nostalgiques, avec la nette impression d'une page qui se tourne, d'une étape de notre vie qui s'achève. Et puis, comme un signe, un clin d'œil, nous nous retrouvons, comme aux premiers jours en Afrique, pris an auto-stop à l'arrière d'un pick-up ! Cette analogie nous fait sourire et nous plonge même dans un état de surexcitation incroyable ! La boucle est bouclée et c'est avec le cœur un peu lourd que nous descendons du véhicule après cette folle chevauchée en remerciant nos sauveurs…
Lundi 27 Décembre : Route vers Lima et découverte du vieux centre
Nous passons la matinée dans un bus au confort européen. Les paysages sont variés, nous passons à proximités des plages du Pacifique et arrivons enfin à Lima. Nous laissons nos affaires à l'hôtel et partons à la découverte de la place d'armes et du vieux centre ville aux bâtiments coloniaux. Eric arpente les rues en scrutant les boutiques à la recherche d'une paire de santiags. Il y a de nombreux magasins de maroquinerie qui présentent de belles chaussures mais le problème majeur c'est que presque tous les modèles sont conçus avec de petits talons ! Nous nous séparons donc un moment, chacun vacant à ses occupations. Un policier, me voyant seule entrain de retirer de l'argent à un distributeur m'aborde en me conseillant de ne pas rester seule car la criminalité ici est très élevée et les touristes des cibles faciles. C'est vrai que la ville ne dégage pas un sentiment de sécurité mais nous ne pensions pas à ce point là.
Nous avons repéré un petit restaurant typique et remplis de locaux à côté de notre hôtel et nous retournons nous y régaler le soir après avoir sympathisés avec les patrons le midi.
Mardi 28 Décembre : Lima, son marché aux fruits et le musée Larco puis… RETOUR VERS LA FRANCE !!
Pendant qu'Eric fait une dernière grasse matinée à l'étranger, je pars en direction d'un énorme marché couvert. Je veux ramener des fruits exotiques frais à la famille pour se régaler ensemble. Le marché est un peu éloigné de la zone touristique et je m'inquiète un peu en repensant aux mises en garde du policier la veille. En fait, l'ambiance est bien meilleure quand on s'éloigne du centre et les gens me regardent avec bienveillance. A mon arrivée dans le marché où il n'y a pas un seul européen en vue, j'ai un franc succès : quand les petites Mamas se rendent compte que je suis là pour acheter et non pas pour seulement prendre des photos, je deviens la coqueluche ! Après négociations, elles rajoutent toujours un petit quelque chose. Elles sont très curieuses et me posent beaucoup de questions, on rigole bien. Je fais une halte à un stand qui fait du jus de fraises avec 100% de fruits et sans ajout d'eau. C'est tellement bon que j'en prends deux d'affilée ! Je continue mes emplettes de fruits en tout genre : mangues, ananas, avocats géants et autres. Je reviens à l'hôtel chargée comme une bourrique ! Cette promenade restera sans nul doute mon meilleur souvenir de Lima ; authentique, simple et sympathique.
Eric est prêt et pousse des cris en voyant le volume que je ramène : il va maintenant falloir faire rentrer tout ça dans nos sacs sans qu'ils n'excèdent 20 kg chacun. Autant dire que nos bagages à mains vont être exploités au maximum ! Après quelques arrangements logistiques nous sommes prêts et laissons nos sacs à la réception avant d'aller déjeuner chez nos copains où nous avons déjà nos petites habitudes.
Avant de partir nous avons encore le temps d'aller visiter le musée Larco qui présente de jolies collections permanentes d'art précolombien. Les céramiques et textiles mochica sont particulièrement réputés. Mais il accueille surtout une exposition temporaire fabuleuse sur les bijoux des grands incas. De superbes pièces d'orfèvrerie ouvragées et grandioses sont présentées et nous laissent béats d'admiration.
Et puis ça y est, nous y sommes. 180e et dernier jour de voyage. 6 mois que nous sommes en voyage. Il faut pourtant bien rentrer un jour...
Notre avion décolle ce soir, dans quelques heures, il est temps de prendre le bus pour l'aéroport. Nous ne réalisons pas que nous rentrons déjà ( !! ) Après un coup de blues pendant la période de Noël que nous aurions (surtout moi) volontiers passé en famille en France, et pendant laquelle nous avions envie de rentrer et d'être avec nos proches qui nous manquent, nous serions désormais partants pour prolonger encore un peu notre périple !
Nous appréhendons un peu ce retour. Comment ça va se passer ? Quel accueil sera réservé à Eric après six mois de mise en disponibilité et l'arrivée d'un nouveau directeur commercial qu'il n'apprécie pas beaucoup ? Comment vais- je négocier le virage des révisions pour le concours d'instit dont les écrits se profilent à assez brève échéance ? Quelques inquiétudes, des interrogations… La joie de retrouver tout le monde se mélange à la tristesse de terminer ce voyage. La gorge est maintenant un peu nouée, et les larmes nous effleurent les yeux au moment d'embarquer.
Après six semaines en Amérique du Sud, notre espagnol s'est bien amélioré et nous avons maintenant la sensation de pouvoir nous exprimer aisément. Quelle n'est pas notre surprise lors de notre escale à Madrid, quand nous ne comprenons plus rien à ce que l'on nous dit… Et oui, le castillan en Espagne est nettement plus rapide que son équivalent sud américain !
Après cette première halte en Europe, nous atterrissons enfin à Marseille. Là, le palpitant se met en marche au passage des divers postes de contrôle ; derrière ces panneaux, papa et maman sont là qui nous attendent. Les dernières minutes de séparation paraissent une éternité, nous sommes si impatients ! Allons- nous les retrouver facilement ? Au moment où les portes vitrées s'ouvrent c'est la joie qui éclate dans nos cœurs : ils sont tous les deux là, brandissant un panneau effectué par Papa. Deux mots en jaune tranchent sur un fond rouge : GLOBE - REVEURS… C'est bien nous ! Nous nous jetons dans leurs bras, heureux de retrouver leur chaleur après cette longue séparation et nous embrassons longuement. Rires, larmes, nous voilà réunis !