SICILE



Jeudi 28 Juillet : Départ pour le pays des cyclopes !

Cap sur Palermo où Fausto nous attend et nous donne un premier aperçu de la ville en voiture.

Ensuite, découverte à pieds d'une partie du quartier de la Kalsa avec l'étonnante église Santa Maria dello Spasimo à ciel ouvert depuis 2 siècles et reconvertie en école de jazz (des concerts y sont programmés tout l'été). La promenade tourne court quand Eric se tord la cheville (seconde fois en quinze jours) en admirant de magnifiques balcons ouvragés qui florissent aux façades des innombrables palais défraîchis.

Nous sommes admirablement accueillis par les parents de Fausto qui s'évertuent à soigner le malade. Matilda prépare de somptueuses pâtes au pesto maison : basilic et menthe du jardin, huile d'olives issue de la récolte familiale ainsi qu'une spécialité sicilienne : la caponata !

La suite de la soirée se passe en compagnie d'amis de Fausto lors d'un cocktail dans une crique privée de la plage de Mondello. Le site est fabuleux, la décoration très sympa (illuminations gie jusqu'à la mer) et nous piochons dans une barque remplie de glace pour attraper des boissons diverses.
La soirée est plutôt chic et le short-tongs d'Eric dépare un peu des tenues ultra sexy des italiennes présentes ! Dans une robe noire, Emilie est plus adaptée à la circonstance, et après quelques verres, tout le monde est persuadé qu'elle est italienne... bien qu'elle ne connaisse à ce stade là que quelques mots pour relancer la conversation !!!


Vendredi 29 Juillet : A la découverte de Palermo !!!

La veille, la cheville continuant à enfler à vue d’œil, nous envisagions de louer un fauteuil roulant pour qu’Eric le grabataire puisse également profiter du séjour, mais les bons soins d’Elio et les petits plats de Matilda l’ont remis sur pattes…

Après un petit-déjeuner instructif en compagnie de Song, étudiant chinois vivant à Dublin, nous allons visiter l’imposant palais des Normands, construit par Ruggero (Roger II) au XIIème siècle.


Outre le Parlement sicilien et de magnifiques appartements richement décorés, il abrite l’époustouflante chapelle Palatine. Hybridation réussie de la culture byzantine et chrétienne, cette chapelle arbore de splendides mosaïques de porphyre et de serpentine jaune et verte, tel un livre d’images contant la Genèse.

Nous passons sous l’arche de la porta Nuova où sont représentés des Turcs battus par Charles V, avant de déboucher sur le parvis de la Cathédrale Madonna Assunta : ancienne basilique transformée sous la domination Arabe en mosquée.
Un charme certain se dégage de cet ensemble hétérogène mais harmonieux, aux faux air d’Alhambra.

L’intérieur est plus quelconque mais deux bénitiers en marbre sculpté retiennent particulièrement notre attention avec leurs détails très fins.

Plus loin, nous sommes happés par les délices de la fraîcheur, à l’ombre d’un palmier gigantesque dans la cour d’un palais tombé en désuétude mais au charme persistant.

Après de délicieuses lasagnes, le quartier populaire de La Kalsa se prête à la déambulation : au sein de la place Carmine, les marchands remballent leurs produits : débauche de poissons, fruits et légumes colorés.

Au rez-de-chaussée d’un immeuble, nous découvrons des enfants en train de panser un cheval : le garage s’est transformé en écurie et le cheval sera attelé à une pimpante calèche pour touristes.

Fausto nous rejoint, et nous passons avec son bolide au carrefour des Quattro Canti, orné de quatre fontaines représentant les saisons, avant d’obliquer vers l’église de la Martorana où se côtoient harmonieusement mosaïques byzantines ainsi que fresques et stucs baroques.

Nous arrivons en pleine agitation : au moment où la mariée pénètre dans l’église. C’est notre premier mariage de la journée et les invités sont très caricaturaux : crâne rasé, grosses lunettes noires et costumes trois pièces pour les hommes au look mafieux, sans oublier d’imposantes berlines noires !

L’ambiance est cependant très chaleureuse et l’entrée de la mariée accompagnée d’une petite demoiselle d’honneur aux boucles blondes et aux allures de princesse est lumineuse.

L’église San Cataldo qui la jouxte est une véritable merveille arabo-byzantine coiffée de trois coupoles rouges, témoignage de la cohabitation entre religions au XIIème siècle. Un charme suranné se dégage de cette église aux décors floraux sculptés.